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Assignats de cinquante livres

Assignats de cinquante livres
1976.6.3.1 – 1976.6.3.2 – 1976.6.3.3
1792
Papier
L. : 18,5 cm, P. : 11,5 cm


Le 2 novembre 1789, en pleine Révolution française, l’Assemblée constituante confisque les biens du clergé en espérant les revendre pour rembourser les dettes de l’Etat. Afin d'anticiper ces revenus et faire rentrer de l'argent frais rapidement dans les caisses de l'Etat, les biens "mis à la disposition de la nation" sont gagés. Cette créance prend la forme d'assignats qu'il est possible d'acheter et qui seront rétrocédés à l'Etat lorsque la vente des biens aura effectivement lieu.

Dès 1790, ce qui n’était qu’un imprimé devient peu à peu une monnaie et l’Etat s’en sert pour toutes ses dépenses. De manière à faciliter leur utilisation quotidienne et leur acquisition, des assignats de petites sommes sont créés, comme ceux visibles au Musée de l’Histoire du fer datant de 1792 et 1793. Cependant, il suffit que la valeur des assignats dépasse celle des ventes prévues pour que le système s’effondre, l’Etat n’ayant plus de quoi payer les possesseurs des fameux papiers.

Avec des lois toujours plus dures pour forcer l’utilisation de cette monnaie - jusqu’à la menace de mort si refus (en 1793, en pleine Terreur) - l’Etat continue d’en produire, notamment pour financer les guerres et dépenses de fonctionnement. La valeur totale des assignats finit par atteindre 15 fois celle des biens confisqués, ce qui provoque leur chute inévitable, jusqu’à la destruction place Vendôme à Paris des planches à billets, matrices et poinçons le 19 février 1796.