Vous êtes ici : Maquette de four Martin-Siemens

Maquette de four Martin-Siemens

Maquette de four Martin-Siemens
D.1960.1.13
CLAIR Frères, constructeurs mécaniciens
Avant 1884
Bois, fer
H : 65 cm ; L : 42,5 cm ; L : 42,5 cm
Dépôt du Conservatoire National des Arts et Métiers


En 1864, l'ingénieur français Pierre-Émile Martin (1824 - 1915) s'intéresse à une technologie mise au point huit ans plus tôt par son homologue britannique Carl Wilhelm Siemens : le régénérateur Siemens. Il s'agit d'un dispositif de récupération de chaleur et d'amélioration des cycles thermodynamiques au sein de machines telles que les fours. Pierre-Émile Martin décide d'utiliser cette technologie dans le cadre de la fusion de ferrailles de recyclage et de l'affinage de fonte brute (destiné à produire du fer ou de l'acier). Il intègre le régénérateur Siemens à un modèle de four dit "à réverbère" (où la chaleur est réfléchie par la voûte et où le combustible est brûlé dans une chambre différente de la matière à traiter). La combinaison de ces deux technologies donne naissance au four Martin-Siemens.

Cette machine sert à produire du fer et de l'acier au même titre que les convertisseurs Bessemer et Thomas, dont elle est contemporaine, mais son fonctionnement est plus lent. Cela permet de mieux maîtriser les différents processus de transformation de la matière et ainsi obtenir un métal de grande qualité. Les quantités produites sont relativement faibles, toutefois le four Martin-Siemens rencontre un franc succès grâce à ses capacités de recyclage des ferrailles ; celles-ci deviennent en effet très nombreuses avec l'accroissement de la production d'acier au XIXe siècle. Utiliser des ferrailles comme matière première permet par ailleurs au four Martin de fonctionner indépendamment de la présence de minerai dans la région où il est installé. Pour l’industrie métallurgique mondiale, c’est une révolution ! Il se diffuse donc très largement en France et domine le marché de l’acier pendant un siècle. Le four Martin-Siemens est progressivement remplacé par des convertisseurs à oxygène entre les années 1960 et 1980. Il n'est aujourd'hui plus du tout utilisé.

Le Musée de l'Histoire du fer présente une maquette en coupe de cette machine, qui permet d'observer la structure interne des chambres de combustion. Celles-ci sont construites en briques qui forment le matériau réfractaire nécessaire au fonctionnement d'un four à réverbère. La maquette a été réalisée au XIXe siècle par la société CLAIR Frères, une entreprise de constructeurs mécaniciens sise à Saint-Etienne.