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Maquette de l’atelier Bessemer d’Imphy

Maquette de l’atelier Bessemer d’Imphy
Collège d’enseignement technique de Dombasle
1966.5.1
1966
Bois, acier
H. : 57 cm, L. : 137,5 cm, P. : 137,5 cm
Collège d’enseignement technique de Dombasle




Lors de la révolution industrielle, l’utilisation de la fonte posa problème : les poutres de fonte, présentant une tendance à la fragilisation et à la rouille, pouvaient provoquer l’effondrement de structures métalliques. En effet, la fonte brute produite dans un fourneau contenait 4 % de carbone ainsi que diverses impuretés la rendant très cassante.

En 1855, Henry Bessemer inventa un convertisseur permettant de transformer la fonte en acier, en diminuant le carbone et en contrôlant les autres impuretés. À la sortie du haut-fourneau, la fonte était introduite dans un grand récipient en tôle épaisse à l’intérieur tapissé de briques réfractaires (résistantes à la chaleur). Le fonctionnement du convertisseur consistait ensuite à introduire de l’oxygène dans le fer fondu, ce qui permettait de faire monter la température. Les impuretés étaient alors éliminées en gaz ou scories. Le convertisseur ne convint pourtant pas à la minette de Lorraine dont le taux élevé de phosphore attaquait les parois. En 1877, avec le brevet du procédé de Thomas et Gilchrist modifiant le revêtement de la machine, la transformation du minerai lorrain en acier devint rentable : la dolomie désormais utilisée permettait d’absorber le phosphore. La première utilisation de ce procédé eut lieu à Middlesbrough (Angleterre), en 1879.

Cette maquette présente l’atelier Bessemer d’Imphy. Cette ville de la Nièvre fit fonctionner le premier convertisseur Bessemer en 1862. L’atelier se composait de deux convertisseurs afin que l’un soit en chargement ou en déchargement pendant que la transformation s’effectuait dans l’autre. La fonte liquide arrivait dans une rigole par le bec de la cornue. L’oxygène était introduit dans la partie inférieure et le gaz s’évacuait par une cheminée. Le contenu était ensuite transféré dans une poche de coulée qu’un pont roulant amenait au-dessus des lingotières en fonte. Les lingots obtenus étaient envoyés au laminoir et à la forge.

Au XIXe siècle, la production d’acier permit à l’industrie d’essaimer dans le monde entier. Son histoire néanmoins comporte un curieux premier chapitre. Dans les années 1960, l’anthropologue Peter Schmidt (rapporté par Rebecca Mileham dans La Bible de la chimie) étudia la tradition orale de métallurgie du peuple Haya du nord-ouest de la Tanzanie. Il demanda alors aux anciens des Haya de recréer un fourneau traditionnel. Les roseaux calcinés utilisés fournissaient le carbone qui, en se combinant avec le minerai de fer, produisait de l’acier. Le pompage manuel d’air préchauffé dans le fourneau permettait d’élever la température plus que tout ce qui était connu en Europe avant Bessemer. La datation d’une douzaine de fourneaux Haya remonta de 1500 à 2000 ans.