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Peinture vinylique sur toile de lin : Sidérurgie

Sidérurgie
Camille Hilaire (1916-2004)
Après 1952 – avant 1956
2016.1.1
Peinture vinylique sur toile de lin
H : 329 cm, L : 745 cm
Don de Arcelor Mittal France



Camille Hilaire est issu d‘un milieu modeste et débute comme peintre en bâtiment à Metz. Inscrit à partir de 1941 à l’Ecole des Beaux arts à Paris, il suit les enseignements de Nicolas Untersteller et d’André Lhote. Il se familiarise ainsi avec l’art de la décoration murale et intègre les héritages du cubisme.           

Sidérurgie est une œuvre monumentale (3,29 m sur 7,45 m) à la gloire de son commanditaire.  Commandée en 1952 par l’Union sidérurgique lorraine (Sidélor), elle décore la salle du Conseil d’administration à Paris. En 1967, l’oeuvre est installée dans le self-service de la Société Métallurgique de Knutange (SMK, appartenant à Wendel-Sidélor). La toile déménage ensuite au gré des vicissitudes de la sidérurgie lorraine : installée en 1981 dans le hall d’accueil des bureaux de Sacilor-Rombas, avant d’orner à partir de 1998 les Grands Bureaux de Sollac-Florange devenue Arcelor Mittal France. Le tableau est ensuite donné en 2016 au Musée de l’Histoire du fer par Arcelor Mittal France.

L’œuvre représente de manière presque abstraite les activités sidérurgiques dans une succession de plans verticaux qui structure les différentes étapes de la production. A gauche, on reconnaît un convertisseur Thomas en dessous d’un pont roulant comportant des crochets puis au centre le cowper, les superstructures des hauts fourneaux et la poche à fonte, enfin à droite le plancher de coulée et le garde-corps d’une trappe de vision de l’écoulement du laitier en fosse. Quatre fondeurs apparaissent dans cette scène. Trois sont équipés de protections et travaillent autour d’une poche de fonte. Le quatrième (le contremaître?), au tout premier plan, regarde le spectateur. Il donne à voir une figure idéalisée du sidérurgiste qui participe à la glorification de l’industrie. Les coloris, structurants le tableau mais peu ancrés dans le réel, s’opposent entre couleurs chaudes pour représenter le métal et la fonte en fusion, et couleurs froides qui déterminent les installations industrielles permettant le travail de ce métal. Le mouvement de la scène est donné par le métal en cours de transformation, figuré par les couleurs chaudes.

L’ensemble de la composition donne à voir une sidérurgie lorraine grandiose, une industrie de la fonte et de l’acier exaltée, magnifiée.